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Retour sur la table ronde des Grandes retrouvailles

Le 5 mai dernier se tenait les Grandes retrouvailles du Département de science politique. Pour l’occasion, le Département a invité trois diplômés qui, au tournant des années 1970, 1990 ou 2010, ont marqué le Département de science politique et inspiré leur génération: Marc Laurendeau, ex-humoriste, journaliste, professeur et auteur, Stéfanie Tougas, directrice des affaires publiques et relations gouvernementales chez TACT, ainsi que François Rebello, homme politique québécois et diplômé du Département. Ces trois diplômés ont discuté de leur implication au sein des mouvements étudiants ayant marqué leur génération. 

Au fil des décennies, le Département de science politique a été le théâtre et le reflet des grandes mobilisations étudiantes qui ont marqué l’histoire du Québec. Marc Laurendeau, témoin de la création du Département dans les années 1960, évoque un contexte de lutte idéologique contre l’influence de l’Église et le duplessisme. 

« Le premier ministre Duplessis avait son homme sur le conseil d’établissement de l’Université de Montréal. » (Marc Laurendeau) 

Inspirés par mai 68, les étudiants remettaient en question un modèle d’éducation rigide, tout en s’engageant dans des combats politiques majeurs, notamment lors des revendications des militants souverainistes. 

Dans les années 1990, François Rebello s’illustre dans un contexte économique difficile, où la hausse des frais de scolarité devient un enjeu central. Son défi : fédérer les associations étudiantes aux visions parfois divergentes.

 « Il fallait trouver un consensus pour unir les associations étudiantes et lutter contre les augmentations des frais de scolarité. Ça nous prenait un message simple et convaincant : les conséquences de cette hausse. » (François Rebello) 

En cherchant l’équilibre entre réforme et statu quo, il participe à l’élaboration d’un message unifié capable d’influencer les autorités et de canaliser l’indignation étudiante vers des objectifs clairs.

Deux décennies plus tard, Stéfanie Tougas raconte l’effervescence du Printemps érable. En 2011, face à une hausse de 75 % des frais de scolarité et à un gouvernement discrédité par les scandales, elle contribue à mobiliser une communauté étudiante moribonde et fragmentée. 

« J’avais de décidé de venir à l’UdeM et j’ai adoré mon parcours. Ça a façonné ma manière de réfléchir et mes actions futures durant le Printemps érable. » (Stéfanie Tougas) 

D’abord timide, la mobilisation s’intensifie au fil des mois, dépassant bientôt les murs des universités pour devenir un mouvement social d’envergure. La défaite du Parti libéral symbolise alors une victoire étudiante retentissante. 

Ces trois parcours témoignent de la capacité du Département à former des leaders engagés, capables de lire leur époque, de rallier les forces étudiantes et d’influencer profondément la société québécoise. 

« J’ai rejoint le Département pour agrandir mes horizons. Mon passage a été une expérience extraordinaire. » (Marc Laurendeau)